Lettres d’Algérie

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Durant 21 mois un appelé du contingent de la classe 58 2B (Novembre 1958) note par écrit, et confie à sa fiancée quasi quotidiennement, ce qu’il vit comme 2e classe en sa qualité d’infirmier et instituteur au 8e Spahis, dans la région de Bordj Bou Arreridj-Sétif, puis de Souk-Ahras.

L’auteur de ces lettres nous livre ici son témoignage sur cette période sombre de la Guerre d’Algérie où le contingent n’était censé œuvrer qu’au Maintien de l’ordre et à la Pacification.

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Extraits du livre

dans « Dimanche 5 juillet » : Avant la célébration, l’Aumônier avait eu le temps de me relater ce qui s’était passé à Zémoura : le vol des 20 fusils des harkis ; considérant que ce vol de fusils n’ayant pu s’effectuer sans la complicité des  harkis à qui avaient été confiés ces armes, le capitaine décide de les sanctionner en les obligeant à rejoindre les fellagas dans les collines environnantes ; dans la nuit qui suit ces évènements, ayant bien prévu que chacun de ces harkis s’efforcerait de retourner dans sa maison pour y récupérer quelques affaires, le capitaine avait posté devant chaque maison une sentinelle avec l’ordre d’abattre toute personne tentant d’y entrer et nos 20 harkis ont été ainsi abattus ; enfin, pour achever sa sinistre besogne, dès le lendemain matin, le capitaine avait rassemblé les femmes et enfants des harkis abattus, les avait chargés dans des camions qui les ont conduits dans une zone interdite, laissant alors à l’aviation le soin de  régler leur sort.

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dans « Dimanche 26 juillet » : J’ai aussi pensé apprendre aux petites filles à tricoter, car enfant j’avais su un peu le faire ; cela pourrait être très utile à ces populations très pauvres où les enfants, l’hiver, n’ont souvent pas grand-chose à se mettre sur le dos… Mais auparavant, il faudrait que je m’y remette et c’est là tout le problème ? Quant aux aiguilles et échantillons de laine pour apprendre, je trouverai certainement ce qu’il faut dans les villes environnantes. Il y aurait aussi sans doute bien d’autres petits ateliers à créer en fonction des connaissances de certains appelés (soins aux enfants, couture, petite menuiserie pour entretenir portes et fenêtres, etc.). Il y aurait ainsi tant de choses à faire connaître à ces populations qui ne demandent que cela. Et ce devrait être essentiellement cela notre travail de pacification, pour tenter de faire revenir complètement ces populations vers nous !

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: « Alerte ! Alerte ! » Et nous nous sommes tous retrouvés sur « pieds de guerre », hors de nos tentes respectives. Puis, plus rien ne se passant, l’atmosphère s’est petit à petit détendue et nous avons fini, plutôt joyeusement, en « tapant la belote », installés par petits groupes autour de feux ici et là ! Fellagas contre Français : par hasard j’appartenais au premier groupe et ce même hasard, ainsi que le jeu, ont alors permis que nous l’emportions ! Symboliques peut-être ces parties de carte ? Si seulement un peu partout l’on pouvait remplacer les armes par des jeux de cartes, cela serait certainement plus intelligent et plus efficace que de continuer à s’entre-tuer ainsi pour…RIEN !

 

Informations complémentaires

Format livre

348 pages

ISBN ebook

9782407043552

Version

Ebook téléchargeable, Livre papier

ISBN livre

9782407024568

A propos de l'auteur : Paul Quarré

Paul Quarré

Paul QUARRÉ est né en 1935 à Montreuil-sous-Bois. Se destinant à la vie monastique, il a fait des études au séminaire puis des études de philosophie scolastique à l’institut catholique de Paris. Sursitaire, il est parti en Algérie sous le drapeau Français du 4 novembre 1958 au 10 août 1960 pour œuvrer au maintien de l’ordre et à la pacification. Après ces événements, il est retourné à Alger pour la coopération comme cadre administratif dans un centre d’étude du bâtiment et des travaux publics. Ensuite pendant 25 ans il a été directeur d’un centre d’aide par le travail pour les personnes handicapées à Pontmain en Bretagne.