Les stratèges de l’indépendance

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Au lendemain de l’indépendance du Sénégal, un jeune contremaitre dans une entreprise de BTP, avait perdu une jambe, suite à un accident de travail. En date du 21 Avril 1963, l’unijambiste se rendit à Deuk Boubess, dans la banlieue dakaroise, pour une visite à un homme de confiance. Arrivé à la mosquée du quarter, il apprit avec consternation la mort de son homme de confiance. Il eut le temps de constater que Deuk Boubess, une nouvelle localité, était devenue un grand chantier qui attirait un grand nombre d’ouvriers du bâtiment, analphabètes. Il se saisit de cette opportunité pour se reconvertir dans l’alphabétisation de ces ouvriers.

Mais, l’unijambiste ne s’imaginait pas, que les deux personnes les plus célèbres et les plus admirées dans sa nouvelle terre d’accueil, étaient un inimitable danseur de pachanga, et un talentueux footballeur. A cette époque, les deux idoles de Deuk Boubess comptaient sur leurs jambes, pour conquérir la fille qui était le point de mire de tous les jeunes du quartier. Cependant les deux rivaux ne savaient pas que leur dulcinée était également convoitée par l’homme le plus nanti de la localité, en la personne d’un nouvel entrepreneur en BTP.

Au fil des années, l’unijambiste avait étendu son enseignement aux élèves du primaire et du secondaire, avec des résultats salués par tous les parents. Quant à l’entrepreneur, sa mauvaise gestion avait fini par l’opposer à un de ses ouvriers, devenu un redoutable syndicaliste, après des années de cours du soir. Au troisième jour d’une absence inexpliquée de l’entrepreneur, son partenaire se montra très menaçant. Les ouvriers alertèrent leur maitre d’école, nommé médiateur, depuis qu’il avait arrangé un conflit qui les opposait à leur employeur. Pour préserver l’outil de travail de ses auditeurs, le médiateur prit la tête de l’entreprise, de celui qui était son ancien collègue aux Ets Durandeau. Après avoir, mis en place diverses stratégies, l’unijambiste parvint à redresser l’entreprise, à la grande joie du partenaire.

Le maire de la ville, qui voulait mener une politique du bon citoyen, demanda à ses conseillers de consulter ses administrés, sur tous les actes de bon citoyen notés. L’unijambiste qui emporta la majorité des voix, se vit décerner la première décoration de la ville.
Peu de temps après l’épisode, qui avait permis de découvrir chez le médiateur, une compétence plus avérée, que celle de leur employeur, le syndicaliste trouva dans un journal, un étrange document tacheté. Il parvint à découvrir, qu’au début de l’indépendance, une compétition avait opposé les deux anciens collègues, à leur insu. Le vainqueur devait prendre la succession de l’ancien employeur, qui devait rentrer en France. Il se demanda comment leur employeur avait pu gagner, face à un concurrent plus compétent que lui. Le syndicaliste s’engagea dans une enquête acharnée, afin de savoir comment l’enseignant avait perdu sa jambe, ainsi que la compétition.
Ce qu’il apprit au fur et à mesure de son enquête, dépassait l’entendement.

 

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Extraits du livre

1er extrait Pages 78/79 J’avais décidé de ne pas aborder la question de l’argent que je lui avais confié, par souci de respecter les règles élémentaires de bienséance. J’allais me contenter de donner toutes les informations qui me paraissaient suffisantes pour me faire identifier, dans l’espoir d’une information concernant mon argent. J’avais considéré que si le défunt n’avait pas informé sa famille, la moindre question à ce sujet, pouvait créer une suspicion au sein de ses membres. Ou pire, permettre à la rumeur, de porter atteinte à l’honneur de la famille d’un homme à qui je devais jusqu’à mon entrée dans l’entreprise. Après avoir annoncé ma décision de prendre congé, sans rien entendre concernant mon argent, j’avais pensé que la mort l’avait peut-être surpris sans lui laisser le temps d’informer sa famille. En ce moment précis, mes pensées étaient allées vers mon défunt père, qui avait l’habitude de dire : « quand le tout-puissant fait subir des épreuves à un serviteur, il est seul à savoir quand elles prendront fin ». Je m’étais dit que c’était la volonté du Tout-Puissant. Car s’il l’avait voulu, il aurait pu retarder la mort du regretté, pour lui permettre d’informer ses proches de l’endroit où il avait gardé l’argent que je lui avais confié.

2éme extrait Pages 129/130 En venant en France pour étudier, je n’avais comme seul objectif, que de chercher à obtenir des diplômes qui me permettraient de pouvoir mieux profiter de la vie. Maintenant, je découvrais quelqu’un qui me trouvait une meilleure raison de ma venue en France. Il se faisait un devoir de me rappeler qu’au lendemain de l’Indépendance, le pays comptait sur des gens comme moi, pour prendre la relève du colonisateur. Mieux prendre en charge le destin de notre jeune nation. Avoir la responsabilité, non pas de m’occuper des besoins de ma seule famille, mais de trouver des solutions pour améliorer le sort de centaines de milliers de familles. C’est ainsi que je prenais subitement conscience de cette responsabilité que me conférait le niveau d’études que je devais à mon pays. Après avoir relu plusieurs fois la lettre, mon premier souci a été de connaître l’auteur de ce viatique. J’écrivis aussitôt une lettre en réservant une place à l’auteur des conseils qui m’avaient été d’un si grand réconfort, et surtout pour m’avoir communiqué sa vision pour l’avenir de notre pays. Je lui fis part de l’honneur qu’il me ferait, en me faisant connaître son identité par retour de courrier. Lorsque je reçus sa lettre, il me fit savoir qu’il était un jeune homme âgé de 29 ans, établi il y avait un an dans le quartier. Il marchait à l’aide de béquilles, car avait perdu la jambe au cours d’un accident de travail. Il m’expliqua que ma mère avait chargé ma sœur Astou de s’attacher ses services, car il lisait et écrivait des lettres pour les illettrés, et donnait des cours du soir aux ouvriers analphabètes.

Informations complémentaires

ISBN ebook

9782407034581

Version

Ebook téléchargeable, Livre papier

ISBN livre

9782407015597

A propos de l'auteur : Massène Gueye

Massène Gueye

L’auteur est né en 1949, à Dakar, capitale de l’AOF. Dès l’âge de sept ans, il commença à se rendre au centre-ville où son père, ancien militaire dans l’armée coloniale, travaillait comme commis. Le système colonial répressif n’était plus visible, mais l’auteur fut impressionné par le grand nombre d’Européens qui s’activaient entre l’ancienne avenue William Ponty et l’ancienne avenue Albert Sarraut, alors qu’ils étaient à peine visibles dans les quartiers habités par la population locale. Trois ans après l’indépendance, la visibilité des Européens dans ce secteur, commençait à s’inverser par rapport aux Africains. Sept ans après l’indépendance, alors qu’il traversait des moments d’incertitude, l’auteur eut la chance de renouer contact avec une ressortissante française, venue rendre une visite de courtoisie à la famille. Cette dame, dénommée Marie Yvonne G, avait travaillé quelques années auparavant dans le même service, où l’auteur enfant allait trouver le papa, après l’école. Cette femme d’un rare humanisme dans le contexte colonial de l’époque, était restée au Sénégal jusqu’au début des années 70. Elle avait donné beaucoup de conseils utiles, comme s’abonner au centre culturel français, apprendre l’anglais, mais surtout opter pour des études de comptabilité qui constituent un raccourci, pour avoir rapidement un métier. Un métier qui permet de se perfectionner, au fil des années. L’auteur suivit ces conseils, qui lui avaient permis d’aimer la lecture, de faire carrière dans la comptabilité, et de gravir les échelons. (jusqu’au poste de Directeur Administratif et Financier)