Les séparatistes

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Pour visiter un univers simple, il nous faut un temps limité. Mais pour un univers complexe, la notion du temps disparaît, son calcul devient aléatoire.
La religion fait partie des univers complexes. Un jeune qui veut naviguer dedans ne doit pas dire à la vue du premier corps céleste : « Ça y est, je connais tout l’Univers ». Pour affirmer cela, il faut visiter la totalité. Vu que le temps est aléatoire, il lui reste à s’armer de patience. La fougue, c’est bien, elle aide dans beaucoup de domaines, mais pas dans le domaine de la religion. Cette dernière demande du calme et de la pondération, en plus d’un sens aigu de la critique. Un jeune qui ne se pose pas de questions est un jeune perdu. Lorsqu’on est perdu, on commet beaucoup d’erreurs, parfois néfastes contre soi et contre la société. 

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Extraits du livre

Au greffe, Khalid se plie aux formalités de sa mise en liberté avec dextérité. Il veut que ce soit terminé le plus vite possible, il a hâte de retrouver la liberté, les personnes qu’il aime, la paix intérieure, la personne simple qu’il était avant… En résumé, la normalité. Pendant les huit mois passés derrière les barreaux, il a côtoyé tout, sauf la normalité. Page 13

 Khalid resta silencieux, il n’a pas d’argument pour contrer Olivier. Il a rarement discuté du sujet palestinien. Il ne connaît ni la genèse ni l’histoire de l’État d’Israël. Olivier par ce stratagème a noyauté le cerveau de Khalid d’une manière subtile, sans que ce dernier ne se rende compte. Il a su inhiber sa raison, en éveillant chez lui le sentiment de l’Arabe persécuté. Page 48-49

Le mot «ici» a résonné dans la tête de Khalid comme une déflagration, son cœur s’est mis à battre tellement fort qu’il a senti des douleurs dans sa poitrine, son visage est devenu livide. Bilal aperçoit le changement de teint sur le visage de Khalid, il tente de le rassurer. Page 109

Khalid prend le Coran entre ses mains et laisse un carton plein de livres et un cabas avec ses vêtements sur le lit. Il s’apprêta à quitter la cellule. Le surveillant le stoppa au seuil de la porte.

– Vous oubliez le carton et le cabas qui sont sur le lit.

En montrant le Coran:

– J’ai ce qu’il faut, le carton contient des livres de littérature qui ne me conviennent plus, je vous les laisse, faites-en ce que vous voulez. Pour moi, qu’ils aillent au diable. Page 195    

Informations complémentaires

Format livre

196 pages

ISBN ebook

9782407041060

Version

Ebook téléchargeable, Livre papier

ISBN livre

9782407022076

A propos de l'auteur : Abdellatif El Ayadi

Abdellatif El Ayadi

Travailler dans le milieu pénitentiaire, c’est comme se mettre nu devant un miroir. Devant vous, il y a vos semblables. Ce miroir est presque magique, outre le physique qu’il vous reflète, il vous montre le côté le plus obscur de l’homme. Lorsque vous passez devant un bâtiment occupé par des détenus de droit commun, à travers les fenêtres, vous entendez des conversations presque banales, comme si vous passiez devant une terrasse de café. En revanche devant un bâtiment occupé par des intégristes, ils ne discutent entre eux que lorsqu’ils sont sûrs qu’il n’y a personne dans les parages. Cette méfiance, ou la taqiyya, c’est un de leur subterfuge, elle est une façon de dire aux faibles d’esprit : « Si vous voulez savoir ce qu’on dit, il faut nous rejoindre », et en même temps, c’est une peur, peur d’être entendu par un fin connaisseur de la théologie. Quiconque ayant entendu cette conversation serait obligé d’agir pour arrêter cette idéologie. -Tu as vu l’assistance sociale ? -La mécréante, oui. -Alors ? -Comme d’habitude, j’ai joué avec elle un peu de taqiyya. -Je veux dire, elle est comment ? -Pas mal, je ferais bien d’elle une esclave.