Les Diables du Liban

9,99

Le roman de Fares Khachan, Les Diables du Liban, nous entraîne dans l’univers actuel du Liban en même temps qu’il décrit la vie infernale dans les pays du tiers monde.

Deux personnages s’y affrontent. Le premier, un député, choisit de démissionner de toutes ses fonctions après avoir constaté l’inanité de sa carrière politique. Le second, un avocat ambitieux, vend son âme au diable et ne recule devant rien pour parvenir au sommet de la pyramide du pouvoir et y rester. La confrontation, indirecte au début, débouche sur un clash politique violent scandé par l’appel à l’ingérence, la création d’une milice, la guerre, les assassinats, les détentions et les offensives terroristes.

L’auteur s’engouffre dans les secrets de la classe dirigeante, dénonce sa doctrine et dévoile les moyens dont elle use afin de conserver le pouvoir. Crimes, exactions, spoliation des biens publics, généralisation de la corruption et du clientélisme, perversion des valeurs, manipulation du peuple par des médias serviles, aiguisement des haines confessionnelles et des conflits sectaires, rien n’est épargné par les hommes politiques. La mise en place de la dictature et le recours au terrorisme favorisent la réalisation de ses noirs desseins. De son côté, le député repenti prône une approche pacifique dans la lutte contre la corruption endémique ; il déplore le reniement de l’identité et de la vérité historique du pays des Cèdres où s’affinait autrefois la mythologie grecque et latine …

Effacer
UGS : ND Catégories : , Auteur : .

Extraits du livre

—                          Je ne sais pas vraiment si j’aime Melhem. J’ignore s’il est victime d’une injustice ; mais je suis sûre que je hais Dolly. Oui, je la hais dans sa tombe. Je la hais au point que je souhaite qu’elle ait été abattue de ses propres mains. Je la hais au point que je refuse qu’elle puisse jouir du statut de victime. Elle n’a jamais été une victime ; elle nous tuait toujours. Elle volait ce que nous désirions. Elle nous arrachait ce que nous convoi¬tions. Elle nous concurrençait même dans nos rêves. J’ai toujours sou¬haité sa disparition totale. Mon vœu s’est réalisé. […] (P.67/68-L.33-1 à 7)

 

                           […]Tu m’as dit aussi que c’est là-bas, en Grèce, que tu as fait connaissance avec ton « moi » phénicien, spolié suite à la captivité d’Europe par Zeus, parce que là-bas, tout est phénicien, qui a des origines de nos cités libanaises, mais qui a acquis l’identité grecque. Tu parlais de la lettre, des mythes, du culte et du vin. (P.129-L.3-6)

 

          Dans cette perspective, elle évoqua le spectacle qui avait provoqué sa pâleur et son tremblement : l’abattage. Il l’écoutait, souriant à sa plainte du spectacle sanguinaire, celui des moutons et des coqs agonisants, comme celui du couteau tranchant les cous. Et, contrairement à la dureté qu’elle manifesta en évoquant les gens pauvres, leur éducation et leur faim, elle évoqua tendrement les moutons, avec la peur du sang et la terreur du couteau. (P.240-L.24-30)

 

                           Ainsi, suivant l’exemple de ceux qui mêlent Dieu au travail politique et économique – et comme ils sont nombreux ! -, le choix de Fadi Madi s’arrêta-t-il sur ce slogan évangélique pour la milice qu’il créait pour qu’il fût le socle le plus important des leçons d’idéologie auxquelles avaient été soumis les adhérents secrets aux « Saraya du Sauveur. » « Al-Fadi » – « Le Rédempteur » comme « Al-Mo’alles » – « Le Sauveur » sont des noms que les chrétiens attribuent à Jésus. (P.466-L.20-26)

 

                           […]Ces Libanais étaient confiants dans leur capacité de mouvoir l’interaction électronique depuis sa phase actuelle jusqu’à une nouvelle phase que beaucoup estimaient comme des « écarts de l’imagination », et ils affirmaient qu’au cas où ils réussiraient à incarner le « programme-rêve », la gloire du Liban futur allait de nouveau enlacer la gloire de la Phénicie, le jour où cette dernière avait élaboré les lettres de l’alphabet et les avait exportées dans le monde. (P.489-L.21-27)

 

                           —    C’est le fondement même de l’enquête, rétorqua Samih. « L’Institution de L’Élite » vise à créer des modèles nationaux qui dispensent vos enfants de la contrainte d’avoir l’artiste Loubna pour modèle. Si c’est le complot dont vous nous accusez, nous sommes des conspirateurs ; et si nous visons à sauver nos enfants des modèles banals qu’on leur impose, nous sommes alors les vrais nationalistes, et les autres sont les conspirateurs. (P.554 – L.27-33)

Informations complémentaires

Format livre

630 pages

ISBN ebook

9782407038428

Version

Ebook téléchargeable

A propos de l'auteur : Fares Khachan

Fares Khachan

Fares Khachan est un journaliste spécialiste des affaires du Liban et du Moyen-Orient. Son œuvre comprend deux essais et cinq romans dont Les Diables du Liban. Proche du cercle restreint des décideurs libanais pendant plusieurs années, il est aujourd’hui considéré comme un expert des affaires de la classe politique libanaise. Pour de longues années, Khachan fut également considéré comme un expert judiciaire en raison de son expérience de chroniqueur judiciaire. Il collabora à plusieurs journaux libanais, et se trouva plus de vingt-cinq fois sous le coup de poursuites judiciaires à cause de ses idées et de ses opinions. Après des menaces pour sa sécurité lors d’une période marquée d’assassinats, il quitta le Liban sur les conseils avisés de personnalités politiques et d’agents de sécurité et s’installa à Paris avec sa famille en 2011. Cette « émigration forcée » n’endigua pas ses pensées ; ses articles continuent de paraître régulièrement dans plusieurs médias qui émettent en arabe. Parallèlement, ses écrits littéraires, notamment romanesques, inspirés du milieu politique dont il connaît les secrets, impressionnent les lecteurs.