Le Baron des Serfs

8,9918,90

L’histoire se déroule au milieu du XVIIème siècle, en Bourgogne. Les grands seigneurs dépendent d’un gouverneur régional peu enclin à se plier aux exigences de Richelieu, déjà la Fronde se profile. Les domaines sont soumis au gouverneur, des barons et autres comtes y font régner l’ordre mais aussi parfois la terreur, les impôts exigés par le roi rendent le climat du pays délétère, ça se fait sentir jusqu’au fin fond des campagnes. Depuis Catherine de Médicis, les Italiens s’occupent de quelques affaires en France, depuis qu’Henry III a perdu des possessions en Italie des seigneurs français sont restés en piémont, anciennes possessions françaises. Un de ces seigneurs va instruire le fils de son intendant, qu’il a adopté, à gouverner son domaine bourguignon avant de s’en retourner en Italie. Ce fils va à son tour instruire un fils de paysan et en faire le seigneur des lieux afin que lui aussi retourne dans son Italie natale.

Effacer
UGS : ND Catégories : , Auteur : .

Extraits du livre

EXTRAITS DU LIVRE

Confronté à une misère qu’il ne devinait pas, le baron François semble déstabilisé, il demande donc à Roland pourquoi il cache sa famille. Étonné de cette question, Roland réalise alors que ces trois cavaliers ne sont pas les hommes d’armes de l’intendant, il s’aventure à poser timidement la question : « Êtes-vous des soldats du roi ? » Le baron François le regarde longuement sans répondre immédiatement, puis dit : « Non, nous sommes les hommes d’armes du nouveau seigneur qui va arriver », sans préciser que c’est lui le maître.
******

En ce très frais matin du samedi du 22 octobre 1641, la foule est rassemblée sur la place malgré la petite pluie fine et glacée qui pénètre jusqu’au plus profond des vêtements, la potence, dressée la veille, rappelle aux anciens des images de détresse, quand on pendait ou qu’on brulait encore les sorcières, en ces époques ça arrivait encore parfois, surtout après les années dues aux mauvaises récoltes ou aux cataclysmes climatiques d’étés trop chauds et trop secs, ou d’hivers trop rudes où les arbres éclataient sous le gel, les mares et les puits gelés, le froid qui tuait les bêtes dans les prés ou les étables aux planches disjointes, qui faisaient de nombreux morts parmi les hommes, là les croyances en la sorcellerie resurgissaient, il fallait des coupables et des martyrs. Ou quand on arrivait à prendre quelques coupe-gorges qui ravageaient les campagnes et pillaient les plus malheureux sans défense.
******

Sitôt debout, Alberto donne les consignes, on emmène au château le domestique balafré et fiévreux de la brûlure infligée ainsi que le gosse, il fait menace d’exécuter le gamin si quelqu’un de cette famille s’avise à s’y opposer ou fait prévenir Édouard. Il n’est pas persuadé que personne ne sache quelque chose de plus, c’est suffisant pour éteindre les éventuelles velléités. Denis parle un moment à distance à Alberto pour qu’on défasse les liens du gamin, juste lui laisser les mains attachées à la selle pour qu’il ne s’échappe pas dans la forêt qu’il connait très bien, il le surveillera de près et tiendra les rênes de son cheval. Chemin faisant et chevauchant, Denis interroge le gosse de façon calme et détournée, il le connait très bien et se dit qu’il est contraint aussi au silence, pour l’amener à tout dire en douceur il faut le mettre en confiance.
******

Tôt le matin, il partent à la tête d’une troupe de trente hommes, il fait déjà très froid pour la saison, les premières gelées blanchissent les prés et les bois, c’est dans un univers blanc de givre dans la presque obscurité de cette aube naissante à travers la brume qu’ils chevauchent en silence, chaudement vêtus ils ont bien l’intention d’être rentrés le soir même, mais la nuit tombe vite en cette fin novembre, raison d’une troupe si nombreuse et bien armée. Denis et Alberto chevauchent sans mot dire côte à côte, juste derrière un clerc renfrogné d’une chevauchée si matinale et si froide, entre deux groupes de soldats pour éviter d’être attaqué par l’arrière comme le font souvent les coupe-gorges bien que depuis des mois rien n’est plus arrivé dans la région, surtout depuis qu’Édouard est mort et que le Croquant est au cachot loin d’ici.

Informations complémentaires

Format livre

222 pages

ISBN ebook

978-2-407-03539-7

Version

Ebook téléchargeable, Livre papier

ISBN livre

9782407016402

A propos de l'auteur : François Ihuel

François Ihuel

Francois Ihuel est né le 24 Avril 1950 à Paris. Après une enfance difficile de privations, et d’interrogations il rentre dans la vie active dans de mauvaises conditions. L’adolescence chaotique et perverse qu’il a vécue va le desservir mais aussi l’aider. Ses expériences de jeune homme pas comme les autres, heureuses et malheureuses, vont le forger à tout accepter, une école de la vie incomparable. Il passe d’un employeur à l’autre, d’un «métier» à un autre, il apprend tout et rien, il sait tout et rien, il découvre la société, les bons côtés mais surtout les mauvais. Il se forge un caractère sur les navrances humaines et découvre qu’il ressemble aux autres. Passionné d'Histoire, il brode quelques constructions romantiques, qui peuvent avoir un fondement réel, qu'il intègre dans une époque du passé. Pour donner de la vraisemblance au récit, il s'appuie sur ses connaissances et quelques recherches historiques afin de situer les scènes décrites dans un contexte ayant existé et leur donner une cohérence sans que ce ne soit une réalité historique. Se plonger dans le passé en construisant une histoire c’est un peu s'y intégrer, se rendre acteur de ce qu'on écrit, c'est une évasion bénéfique au psychisme tellement reposante. Après quelques romans et une série autobiographique il ne pouvait pas faire l'impasse sur la région qui l'a accueilli. Parisien de naissance, il se trouve bien dans cet environnement montagnard, souvenir de son enfance en montagne. Ce regard sur les gens de montagne c'est celui de celui qui n'est pas des montagnes mais qui les apprécie.