La brèche

6,99

Cecil est arrivé dans la vie. Pourtant, ses hésitations, son anxiété, l’esthétique de l’échec qui le guide n’auraient pas dû le conduire là.
Des amis, il en a beaucoup, mais son truc à lui, comme à tant d’autres, ce sont les femmes : les séduire et jouir du pouvoir de la sorte acquis.
Une très belle épouse ne lui suffit plus. Il rêve aux autres, à toutes les autres et surtout à l’apparition fantasmagorique qui l’a mortellement atteint une nuit de fête. C’est la femme qui les résume toutes.
Cecil sera prêt à tout perdre, malgré l’angoisse, malgré la peur pour étreindre ce dernier graal puis renaître.

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Extraits du livre

Page 3, lignes 11 et suivantes : Le réalisme des couleurs, le relief des impressions me semblent être la récompense d’un travail réalisé « à la source ». Je parle de cet acte de fixer le temps en vue de le retrouver, intact, des années ou des décennies plus tard. Lorsque je pars à la recherche de ces stations de la mémoire, je parviens à me revoir et m’entendre penser : « photographie cet instant dans ta mémoire, graves-le pour l’avenir, pour l’éternité ». Quand, me penchant vers le passé, je retrouve cet autre moi-même que je fus, je ne sais jamais s’il convient de regretter la mort de ce (faux) jumeau, de ce frère s’adressant à son avenir, ou bien se réjouir de ce don qui m’a été donné de faire revivre à volonté le passé en moi.

Page 6, lignes 25 et suivantes : Et l’automne ramenait avec lui la nuit. Je n’aimais jamais autant les grandes cités que lorsque la nuit tombante commençait à dérouler sa grande cape noire au-dessus des toits. Que j’aimais alors assister au spectacle des immeubles s’éclairant progressivement tandis que la nuit venait. Que j’aimais me repaître de la splendide représentation donnée par ces fenêtres qui, les unes après les autres, entaillaient de leur lumière nette, géométrique, la partition obscure des façades. Quand le plus fort de son activité rimait avec nuit, quand les automobiles ramenaient au bercail les citadins épuisés par leur journée de travail, la ville revêtait alors pour moi toute sa beauté. La nuit était l’écrin noir des villes.

Page 13, lignes 1 et suivantes : Paris, 17 décembre, un matin d’un froid vif, piquant. L’hiver déjà, mais sous ses plus beaux atours. Pureté du gel, lumière du ciel. Une nuit presque blanche : je me suis couché tard, je n’ai pas dormi, je suis fatigué mais je suis bien, comme dans un éther vivifiant. La ville était belle ce matin. Tout me semblait beau, j’aimais mes frères humains, j’aimais vivre parmi eux. Nous formions la grande famille des citadins, des gens sans histoire, nous étions solidaires, nous nous comprenions.

Informations complémentaires

Format livre

156 pages

ISBN ebook

9782407045358

Version

Ebook téléchargeable

A propos de l'auteur : Amaury Larèche

Amaury Larèche

Une enfance heureuse ; des désirs entendus, des caprices pardonnés. Il y eut l’adolescence, et il échappa pour l’essentiel aux turpitudes qui rendent cet âge ingrat. Paris. Il voulut profiter très vite des plaisirs que, dans son âme provinciale, il liait encore à la Ville lumière. Il suivit alors ses fantasmes jusqu’à se perdre dans des nuits de velours stériles. Puis il fallut devenir un homme. Là encore, il pensait que la vie allait lui dérouler le tapis rouge. Il devint un de ces cadres pragmatiques qui font le désarroi des gamins qui sommeillent en eux. Alors, il se mit à écrire.