La bataille du franc CFA : Une querelle byzantine

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Le titre du livre, La Bataille du franc CFA : Une Querelle Byzantine, donne le ton. Il traite d’un sujet actuel, brûlant et polémique qui secoue toute l’Afrique francophone dans le domaine de la monnaie et de la politique monétaire. L’approche est engagée et ne caresse pas dans le sens du poil, mais elle ouvre un vrai débat et appuie là où ça fait mal. Les auteurs de cet essai disent, très nettement, que la bataille autour du franc CFA, qui mobilise beaucoup d’énergie, constitue, en réalité, un vrai faux problème tant elle se situe aux antipodes des besoins et des préoccupations des peuples concernés. Le vrai problème auquel sont confrontés les peuples de la zone CFA, ce n’est pas celui de la monnaie, mais celui de la gouvernance.

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Extraits du livre

Les avantages du franc CFA, en comparaison avec les autres monnaies africaines, tiennent à sa construction historique. En effet, le franc CFA est un outil, un instrument de politique économique et monétaire au service des économies de la Zone CFA, contrairement à ce qu’affirment ses détracteurs. Relevons, ici, les « avantages » qui découlent de la stabilité des taux de change avec une inflation maîtrisée et, et ce n’est pas le moindre, l’obligation d’une bonne gouvernance imposée par la gestion de la Banque centrale européenne (BCE) et la nécessité de dissocier l’économique du politique. « De plus, il faut bien reconnaître que « la souveraineté monétaire » de pays africains majeurs, avec des « monnaies exotiques », tels que le Nigeria, le Ghana, l’Afrique du Sud, l’Angola ou le Kenya, n’a pas démontré de liens probants entre monnaie « souveraine » et croissance économique. Elle n’a pas, non plus, fait ses preuves ni dans la maîtrise des coûts du crédit, ni dans un meilleur financement de l’économie locale, ni dans la stabilité macroéconomique, ni en matière des réserves de devises.

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Personne ne peut, sérieusement, croire ni tenter de faire croire que les pays de la zone CFA, puisque c’est de la présence ou non du franc CFA que nous débattons, auraient connu un plus grand développement social, que les infrastructures routières et les autres, que les systèmes de santé, que les écoles auraient été en meilleur état et surtout que ces pays auraient été mieux gouvernés s’ils n’avaient pas eu le franc CFA comme monnaie. Personne ne peut, en toute bonne foi, dire que les maux dont ces pays souffrent à savoir : tribalisme, corruption, clientélisme, incompétence, mauvaise gouvernance, tripatouillages des élections, dictatures, non-respect des droits de l’homme, gaspillage des deniers publics, détournements des fonds nous en passons et des meilleurs, personne ne peut dire que tous ces maux sont dus au seul fait que ces pays utilisent le franc CFA comme monnaie. On ne peut nier que les actes répréhensibles que nous dénonçons ici comme les comportements mafieux qui les sous-tendent sont imputables aux seuls Africains. On nous rétorquera peut-être que, pour qu’il y ait un corrompu, il faut un corrupteur, certes, mais il faut dans ce cas dédouaner le franc CFA qui, en tant que tel, ne peut corrompre qui que ce soit. Ce sont les humains qui, en toute conscience et en toute connaissance de cause, commettent l’acte de corruption et ils le commettraient quelle que soit la monnaie ou la devise en leur présence !

Informations complémentaires

Format livre

118 pages

ISBN ebook

9782407037568

Version

Ebook téléchargeable

A propos de l'auteur : Dieudonné ZELE et Benjamin HOCQUE

Dieudonné ZELE et Benjamin HOCQUE

Dieudonné ZÉLÉ est un écrivain français d’origine africaine. Très concerné par les problèmes de développement de son continent d’origine, il ne pouvait pas ne pas prendre part au débat qui secoue les pays africains de la zone franc CFA sur le changement ou non du nom de la monnaie qui a cours en Afrique francophone, et deux pays lusophones qui l’ont adoptée. Il signe ici, avec Benjamin HOCQUE, un essai qui a le mérite de replacer les débats sur le plan économique en lien avec les problèmes concrets des peuples de la zone CFA. Dieudonné ZÉLÉ est Docteur ès-Lettres, auteur de plusieurs ouvrages : romans, poésies, ouvrages didactiques. Il a traduit un livre de Psychologie Expérimentale, paru aux éditions de Boeck (groupe Albin Michel). ************************************************************************************************************************* Docteur, économiste, Benjamin HOCQUE, français d’origine africaine, est professeur de Sciences économiques à l’Université et professeur hors classe de Sciences économiques et sociales en Lycée. Marié, père de deux enfants, ce professeur a déjà écrit d’autres livres en économie. Ce livre est le second après Les Fondements de la Pensée Africaine : Causes du sous-Développement, co-écrit avec Dieudonné ZÉLÉ, publié aux Éditions Saint-Honoré en mars 2020. Il prépare actuellement un livre sur Les interventions du FMI dans les Pays en développement et émergents prévu pour 2021.