la balançoire au fond du jardin-Essai sur le phénomène suicidaire

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Avec 800 000 morts par an dans le monde, rares sont ceux, professionnels ou particuliers, qui ne sont pas concernés de près ou de loin par le suicide.

Cet essai est présenté comme un mémoire, une analyse de pratique. L’auteure nous livre son vécu auprès de patients suicidaires ou endeuillés par suicide. Ses tâtonnements, ses éprouvés, ses questionnements, sa quête de sens et de connaissances sont relatés dans un témoignage humble et authentique.

Entre épidémiologie, nosologie et propositions d’accompagnement, elle décrit son cheminement : la particularité de l’accompagnement des « endeuillés par suicide », la complexité du suivi des « suicidants » (personnes qui ont fait une tentative de suicide dont ils ont réchappé).

Un apport théorique sur les conduites de crise vient éclairer une possible prévention des risques suicidaires…

Et afin d’intégrer le suicide dans l’histoire de ces familles, elle propose une exploration des origines de la stigmatisation sociale : pourquoi les « survivants », les proches endeuillés et les « suicidants » ont-ils honte de parler des faits ? Honte de nommer l’acte ?… Pourquoi les conduites suicidaires restent-elles si souvent secrètes ?

Un récit vivant, touchant, ponctué d’une synthèse d’apports théoriques, pour un modèle d’accompagnement et d’intervention de crise accessible à tous.

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Extraits du livre

EXTRAIT DU LIVRE

Je n’ai pas toujours su faire… Comment accompagner la crise ?… Trop professionnelle parfois ? !…, pas assez… ou trop humaine… ?! Autour du suicide, c’est le chaos ! L’ambivalence, l’insoutenable prise de conscience de l’impermanence et de la finitude…

Là où est la distance professionnelle se trouvent les mécanismes de défense ; mais là où est la trop grande « humanitude » est la projection…

Où est cette juste présence qui permet d’être « en phase » avec l’autre en souffrance ? Où est cette proximité qui fait souffrir et grandir de cette douleur avec et par l’autre devenu alors notre maître, notre guide sur le chemin de l’évolution, du développement personnel ?

Où se situe la bonne mesure, entre rationalité et sensiblerie ? Comment développer cette sensibilité, richesse de l’âme qui nous met quelques instants, le temps d’une rencontre, d’un partage, en fragilité, mais également en parfaite synchronie avec l’autre, quel qu’il soit, dans l’altérité et l’équanimité ?…

Puissance des souffles qui s’ajustent, maux qui s’élaborent, trouvant pour s’exprimer des chemins de mots qui eux-mêmes s’enrichissent, des silences qui construisent, des mains qui se tendent, qui se rencontrent, qui s’accrochent…, qui pour un temps font du lien…, qui forment un pont entre nous et l’autre…, un passage de la vie à la non-existence…

La mort rôde dans la relation entre le psychologue ou l’accompagnant et le patient « survivant » au suicide, le sien ou celui d’un proche…, et la tentation est grande de s’en préserver. Et « un aveu d’impuissance est aussi un geste de toute-puissance, une façon de rester maître de la situation jusqu’au bout, d’être en quelque sorte plus fort que la mort » (De Hennezel, 2000)…, plus fort que « cette mort consubstantielle à la vie humaine, à l’histoire de l’homme – grande histoire de l’humanité ou petite histoire quotidienne – histoire qui, elle-même, ne peut prendre sens qu’en s’inscrivant dans le temps, au prix de s’achever » Pr Michel Debout (Extrait du Rapport du 06.07.1993 au Conseil Économique et Social sur le Suicide).

La confrontation à l’intensité du désespoir de ces patients dont j’ai recueilli la parole m’a permis de prendre conscience de l’énigme que nous sommes à nous-mêmes, de mes représentations profondes, de mes fonctionnements plus ou moins conscients, de certains mécanismes inconscients qui émergent, là, dans la souffrance partagée…, gain de vie, de connaissance…, manière de se découvrir et de croître de cette rencontre avec l’autre et avec soi-même…, et aussi, paradoxalement dans cet éprouvé de solitude qui nous relie à notre « moi profond »…

Oserai-je parler d’âme ?

Informations complémentaires

ISBN ebook

9782407032372

Version

Ebook téléchargeable, Livre papier

Format livre

249 pages

ISBN livre

9782407013388

A propos de l'auteur : Elisabeth Munro

Elisabeth Munro

Psychologue de l’enfance et de l’adolescence, professeur de yoga depuis plus de 20 ans, Elisabeth Munro dirige, dans les Bouches du Rhône, une association de loi 1901 dont l’objectif statutaire est de mettre en œuvre une dynamique de « mieux-être ». Entre psychothérapies psychocorporelles, ateliers de parents, conférences et formations, elle a à cœur de permettre à chacun de mobiliser ses propres ressources. Dans ses ouvrages, elle met ses « outils » à la disposition des familles et des professionnels. Cet essai, destiné aux lecteurs de 12 à …106 ans (?), particuliers ou professionnels, dédramatise les « cyber-pratiques » et déculpabilise les parents, trop souvent démunis et mal informés, en proposant une synthèse de ce que la recherche avance à ce sujet. Sous couvert d’amitié, Pixel responsabilise le lecteur, l’implique dans ses réflexions, lui permet d’évaluer son niveau de dépendance et lui propose des pratiques pour éviter, voire sortir de l’éventuelle addiction.