Image et monothéisme – Vers un art des croyants, purement spirituel, sans œuvres et sans images

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Essai portant sur l’influence du religieux sur, et dans, les Arts plastiques, et de sa manifestation, débarrassée de références directes aux religions instituées, dans l’art du XX° siècle et contemporain.

La manifestation du religieux dans l’art moderne et contemporain, qu’il faut donc distinguer des religions, a été prise en compte par divers auteurs, notamment Catherine Grenier et Giorgio Agamben. Pour ma part, il m’a semblé qu’à travers (ou à partir) de l’abstraction plus particulièrement, elle s’inscrit, mais dans un nouveau contexte, dans la continuité de l’a priori iconoclaste des religions monothéistes, allant jusqu’à la suppression des œuvres mêmes en tant qu’entités matérielles. L’apparition de non-œuvres, ou d’œuvres immatérielles, n’ayant d’autre existence que conceptuelle ou, plus exactement, spirituelle, est un trait significatif de l’art actuel. Cependant la spécificité de telles œuvres tient en ce qu’elles n’existent, et ne peuvent exister, que pour ceux qui y « croient ». En ce sens, elles ne peuvent relever que de la « foi ».

C’est ainsi qu’est apparu, ce que j’ai cru judicieux d’appeler « un art des croyants », qu’il ne faut pas confondre avec ce que l’histoire de l’art a nommé « art sacré », art dans lequel les croyants (les fidèles) peuvent trouver un reflet du divin ou une médiation vers lui, mais que les agnostiques ou les athées ne pouvaient mettre en doute et qu’ils peuvent toujours admirer pour ses qualités esthétiques. « L’art des croyants », par contre, n’ayant de réalité que pour les croyants, c’est en lui qu’il faut croire. Il n’est pas une médiation (signe ou symbole) vers un dogme extérieur à lui-même.

L’émergence d’un « art sans œuvre », comme le définit Giorgio Agamben, ou si l’on préfère, d’un « art des croyants », me semble un fait nouveau en art dont il est important de mesurer les conséquences. C’est ce que j’ai tenté de faire tout en ne doutant pas que d’autres approches puissent être possibles.

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Extraits du livre

EXTRAIT DU LIVRE

Cependant, un art qui ne tourne pas le dos au monde n’a pas besoin de s’engager plus qu’il ne l’est de par sa nature même. Observer le monde tel qu’il est, dans tous ses aspects, et le montrer, c’est inviter à se déterminer face à lui. Ce n’est en rien un positionnement passif. Montrer le monde, c’est l’interpréter et tenter de le comprendre. C’est faire des choix pouvant aller jusqu’à dénoncer tel ou tel de ses aspects. Et cela peut se faire autant par la monstration des horreurs d’une guerre que par le regard porté sur le pan d’un vieux mur ou par l’observation de tel ou tel aspect, apparemment banal, des relations humaines. L’important est de solliciter l’intelligence en faisant appel aux sens, notamment à celui de la vue. L’art se disposant ainsi ne transformera peut-être pas le monde, ce n’est pas sa mission (cette transformation s’accomplira, n’en doutons pas, mais sur un autre plan), mais il sera toujours un « lanceur d’alerte ». Il est sûr, en revanche, qu’il n’aura que faire d’une quelconque « liturgie ».

Informations complémentaires

ISBN ebook

9782407015870

ISBN livre

9782407034864

Version

Ebook téléchargeable, Livre papier

A propos de l'auteur : Philippe Marcelé

Philippe Marcelé

L’auteur est diplômé de l’école des Beaux-Arts de Paris et agrégé d’Arts plastiques. Pendant de nombreuses années, il a exercé la profession de graphiste et d’auteur de bandes dessinées. C’est en septembre 1996, après avoir obtenu l’agrégation, qu’il a enseigné pendant quatre ans dans le département d’Arts Plastiques de l’Université de Montpellier III puis, après une interruption de deux ans, à partir de 2002, à l’Université de Rennes II. Tout en exerçant les tâches d’enseignant, il n’a cessé de publier en tant qu’auteur de bandes dessinées, notamment en ce qui concerne ses dernières productions, aux éditions Mosquito. En tant qu’essayiste, il a publié en 2014 « Éloge de l’anecdotique » aux éditions L’Harmattan, et en 2016, « Les systèmes narratifs en peinture du 14° au 18° siècle », aux éditions Almathée.