Le dernier courrier du Diamant

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Lilli grandit dans sa famille à Mulhouse. Elle était toujours à la recherche d’indices pour créer son arbre généalogique. Petite, son grand-père lui confia un rouleau en papier vieilli qu’elle n’avait jamais ouvert. Plus tard, elle le fit expertiser et, surprise, il contient de précieuses indications faisant référence à la Martinique. Elle se lança dans un voyage lointain sur les traces de son grand-père, né en Martinique en 1889, fils de médecin de souche européenne.
Elle n’avait en tout et pour tout qu’un document mystérieux datant du début du XXe siècle. Celui-ci va réécrire son histoire familiale.
À travers des rencontres très diverses mais aussi, des découvertes insolites, Lilli découvrira l’enfance de son grand-père et se rendra compte que des freins sociétaux du rejet de la différence de l’époque sont encore présents. Présents en métropole et autrement plus présents en Martinique. L’histoire de son grand-père lui apprendra que son arbre généalogique ressemble au reste des Français. Un arbre généalogique multiethnique. En cette période qui voit la montée du communautarisme prendre le pas sur la paix civile, Lilli porte un regard construit à travers le prisme des représentations sociétales qui mêlent, le vécu, le supposé et le symbolique. Elle en recueille des valeurs de tolérance, d’humanisme et d’acceptation de l’autre sans jugement présomptueux

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Extraits du livre

Page 11, ligne 17 à ligne 28

À l’âge de huit ans, j’avais reçu de mon grand-père un rouleau en papier vieilli et me souviens de ces paroles : Moi M’Bida, Paul ton grand-père, à quelques mois de la fin de ma vie, je te confie, toi Lilli, ce rouleau qui nouera les liens entre les générations passées et celles à venir. J’étais trop jeune pour comprendre le sens de ces quelques mots, maintenant que j’ai grandi, elles ont une autre résonance dans mon esprit. Un rouleau jauni par le temps que j’associe aux valeurs d’optimisme, de liberté, de tolérance et d’humanisme que mon grand-père nous a toujours enseignées ma sœur Élisabeth et moi. Mais auquel j’associe, aussi, les histoires douloureuses qu’il nous racontait.

 

 

Page 15, ligne 1 à p 16, ligne 8

Nous sommes la famille M’bida-Dubec. Descendants de Georges Dubec, médecin normand. 1968, année de mes huit ans. Mes parents habitaient à Mulhouse dans un petit trois-pièces. Ma sœur Élizabeth et moi, avions une chambre qui donnait sur la cour de l’immeuble. Le bâtiment en face de la fenêtre de ma chambre était plus haut que le nôtre. L’escalier avait d’énormes hublots par où j’observais les gens monter. Je leur tirais la langue dans mes moments d’embêtement. Personne ne me voyait, mais je m’amusais ainsi. Je préférais les dames âgées car, elles montaient plus lentement. Alors, je les observais plus longtemps et je scrutais leurs achats dans leurs paniers, particulièrement lorsqu’elles étaient à l’étage en dessous. Ma sœur, elle, n’avait qu’une idée en tête ; plonger dans une revue féminine que ma mère laissait dans le porte-documents au pied du téléphone. Elle se faisait son propre cinéma en parlant aux mannequins. Elle les habillait, elle les déshabillait. Les mannequins avaient chacun leur nom. Ses jeux m’énervaient et je n’éprouvais aucun plaisir à simuler un quelconque dialogue avec des images. Alors, pour éviter de la taper et me faire punir par mes parents je préférais jouer seule. En classe, Élisabeth était toujours prête à répondre quelle que soit la question. La maîtresse lui avait, pourtant, dit de laisser parler les autres. Côté résultats scolaires, elle m’avait toujours devancée. Elle adorait la musique. Elle était techno, pop, rock, rap ou salsa au gré des copains et des copines

Informations complémentaires

Format livre

189 pages

ISBN ebook

9782407029112

Version

Ebook téléchargeable, Livre papier

ISBN livre

9782407010127

A propos de l'auteur : Kaïs Krissane

Kaïs Krissane

Kaïs KRISSANE est né en 1954 en Tunisie. Il est urbaniste de profession. En lien avec son activité d'urbaniste-conseil, il a passé quelques années en Martinique. Une expérience très riche en rencontre avec des élus, des universitaires, des architectes, des personnalités de la culture, des sportifs, des syndicalistes mais aussi avec des gens de la vie de tous les jours : ouvriers agricoles, marchands sur les étalages, marins pêcheurs, etc. Lors de nombreux échanges qu’il a eus, des douleurs liées à l'histoire, et des ressentiments liés à des considérations, quelques fois subjectives, sont apparus. Le plus marquant, cependant, c'est le déséquilibre des détentions des richesses et le pouvoir dont dispose une catégorie de nantis. C’est à travers son personnage qu’il a voulu nous faire partager les souvenirs, les douleurs en lien avec la Martinique. Mais, aussi, pour dénoncer les phénomènes de rejet, du racisme, de l'antisémitisme, de l'extrémisme d'où qu'ils viennent et pour promouvoir l'humanisme et l'acceptation de la différence.