De la « French connection » à la « French prohibition »

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En 1970 les autorités américaines font pression sur les sociétés occidentales concernant la consommation d’héroïne. Les autorités françaises du moment font alors voter une loi de prohibition.

En 2020 après 50 ans de prohibition qu’en est-il ?

 L’objectif de lutte contre la toxicomanie est-il atteint ? Dénombre-t-on moins de toxicomanes aujourd’hui ? Et pour quelles drogues : légales ou illégales ?

Les chiffres plus ou moins de bonne foi selon les sources sont néanmoins concordants. Ce qui était une consommation marginale en 1970 est devenu un fait de société pour le cannabis et la cocaïne. La France est leader européen en matière de consommation de cannabis chez les jeunes. Les efforts humains et financiers en matière de prohibition sont colossaux, les problématiques de trafic font déborder les tribunaux et l’ensemble du système carcéral surtout si l’on y ajoute les diverses violences connexes aux trafics.

 Un policier acteur et témoin depuis plus de quarante ans de la problématique de prohibition souhaite aujourd’hui faire découvrir la réalité de ce système qui sous couvert de bonne conscience moraliste fait glisser la société française vers la violence, la corruption et une certaine forme de communautarisme.

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Extraits du livre

EXTRAITS DU LIVRE

«  Le « grand flic » aura pourtant oublié deux choses à propos de son rôle « d’expert », la première c’est qu’il ne peut exister de grand flic car chaque policier travaille dans une chaîne composée de multiples maillons essentiels et la seconde c’est que le chiffre des saisies ne peut qu’illustrer la dimension réelle du trafic et non une meilleure efficacité policière comme le laissent trop souvent entendre les responsables politiques pour justifier de la pertinence de leur action. Même s’il est difficile d’estimer les importations clandestines, selon le travail de plusieurs chercheurs[1] on peut penser qu’il entre mensuellement 30 tonnes de cannabis sur le territoire français or si on lisse les saisies sur les 5 années de THIERRY comme chef de l’OCRTIS on reste sur une proportion de saisie à 17,5 % sur l’ensemble du trafic de cannabis. Ainsi c’est 82,5% du flux de cannabis qui est revendu et consommé.

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En somme, le grand flic avait peu de chance de déstabiliser un marché pour lequel les pertes sont inférieures à celles du rayon des fruits et légumes d’un supermarché qui peut admettre jusqu’à 30% d’invendus.

 Quelle conclusion tirer de cette « pantalonnade » ? Le sort du commissaire THIERRY, toujours en exercice, nous donnera sûrement un éclairage et en attendant je ne peux m’empêcher de penser à la justice ou plus exactement l’injustice. S’il peut être « risible » de voir un « pied nickelé » se prendre les pieds dans le tapis, je pense pourtant d’abord à la mort qui rôde dans les quartiers de France autour des règlements de compte sur fond de trafic et je pense aux nombreux collègues qui, alors que je siégeai en commission de discipline en tant que représentant du personnel, ont été révoqués pour des motifs somme toute assez futiles au regard des charges qui pèsent sur les mis en cause dans ce dossier… »

Informations complémentaires

Format livre

250 pages

ISBN ebook

9782407036639

Version

Ebook téléchargeable, Livre papier

ISBN livre

9782407017645

A propos de l'auteur : Serge Supersac

Serge Supersac

Serge SUPERSAC a passé l’ensemble de sa carrière au service de l’État d’abord comme militaire puis en tant que policier. Lorsqu’il débute sa mission de gardien de la paix en Seine-Saint-Denis, la loi de prohibition vient d’être votée, il est confronté à la consommation d’héroïne qui tue les « Junkies » en quelques mois. Dans les quartiers alors, le tissu associatif fait la chasse aux « dealers ». Au fil du temps, ce qui était pourtant une évidence : la lutte contre la toxicomanie, devient problématique. Le travail de la police n’a pas d’effet sur la toxicomanie puisqu’elle concentre ses efforts sur les trafics sans toutefois parvenir à stopper les flux de produits stupéfiants. Tous les policiers sont alors mobilisés à tous les niveaux pour saisir les produits et neutraliser les filières. Les produits consommés changent et pour certains ils deviennent un fait de société tant leur consommation est banalisée. Le trafic est passé des centres-ville aux quartiers populaires. Une économie de l’interdit se développe sur fond de crise économique. La violence s’intensifie dans les quartiers rendus difficiles d’accès aux policiers. Les autorités politiques devraient reposer l’ensemble du problème, mais à contrario ils utilisent la prohibition à des fins électorales ce qui rend la gestion policière de la prohibition ubuesque. À la fin de sa carrière, Serge SUPERSAC est affecté dans un Institut de recherches au sein duquel il peut corroborer ses hypothèses qui apparaissent comme évidentes : il faut repenser le système de prohibition. Il corédige avec Stéphane GATIGNON le maire de SEVRAN, ville particulièrement touchée par les trafics un livre témoignage en 2011 « Pour en finir avec les dealers ». Plus tard, il continue à travailler dans les quartiers en tant que « réserviste » de la Police et ce faisant il est au plus près de la violence des trafics. Aujourd’hui après quarante ans d’expérience professionnelle sur la question et près de vingt ans de travail d’études et de recherche sur la question de la Prohibition il tente d’informer une opinion publique abusée par les promesses et la démagogie des autorités administratives et politiques sur le sujet. Dans cet ouvrage, le constat est sans failles et il devrait permettre d’ouvrir une large réflexion sur la conduite d’une nouvelle politique des drogues dans ce pays.