Confessions d’un esclave

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Sous la forme d’un récit, ce livre décrit les pratiques esclavagistes de la société maure dans sa dynamique d’évolution passant du nomadisme au modernisme. L’objet est de dénuder cette société en montrant toutes les formes de l’esclavage depuis un siècle.

L’esclave, quel que soit son type, n’était qu’un animal bien apprivoisé, son seul avantage sur les autres bêtes domestiques étant le langage et une certaine intelligence, à contrôler toutefois pour la limiter. Leur éducation devait se limiter à la stricte obéissance. Car comme l’enseignaient les marabouts, seuls les esclaves les plus soumis à leurs maîtres iraient au paradis… Malgré l’entendue de ses malheurs, l’esclave se soumettait et s’adaptait à toute forme d’exploitation, assimilant son désir de liberté à une fugue durement sanctionnée.

Malgré les changements liés à la modernité, cette institution a fait preuve d’une prodigieuse élasticité qui lui a permis de s’adapter. Sous des formes nouvelles, il s’est même élargi pour attirer des hommes nés libres. L’exploitation de l’homme par l’homme s’est « démocratisée » pour concerner tous les travailleurs en les soumettant à un esclavage déguisé.

Ce récit dramatique, agrémenté d’un peu d’humour et d’une certaine dimension philosophique, est éminemment descriptif, quasiment photographique. L’absence de frontières entre réel et imaginaire s’est imposée avec force dans ce brouhaha du silence… à l’ombre du néant.

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Extraits du livre

« Un fils d’esclave a toujours neuf mois de plus qu’un fils de Maure né la même journée. La vie d’un esclave commence dès que sa mère est enceinte, car ses malheurs, qui sont les repères de sa vie, commencent dès cet instant. » (p. 55)

« C’était l’esclavage, perpétuellement gros d’une révolte qui n’enfantait jamais. » (p. 159)

« C’est à ce moment que Yarba comprit le quiproquo et s’évertua à faire comprendre au chauffeur que “femme” ne pouvait designer qu’une maîtresse. Il compléta en lui énonçant la classification des primates femelles dans le campement, par ordre décroissant d’importance : la femme, la tributaire, la forgeronne, la griotte, l’affranchie (hora), l’esclave, et parfois la guenon. » (p. 191)

« Pour les esclaves, la fin de la Nomadie et l’égalité apparente que faisait miroiter la cité n’assurèrent aucune promotion, aucune liberté. L’esclavage s’adapta au récipient de la cité, mais resta tel quel. » (p. 208)

Informations complémentaires

Format livre

305 pages

ISBN ebook

9782407040735

Version

Ebook téléchargeable, Livre papier

ISBN livre

9782407021741

A propos de l'auteur : Chebih Cheikh-Melainine

Chebih Cheikh-Melainine

Arrière-petit-fils du grand résistant à la pénétration française, le cheikh Ma El Ainine, l’auteur fut un militant d’extrême-gauche trotsko-guevariste avant de présider le Front populaire de Mauritanie. Économiste et penseur polyglotte, il fut trois fois ministre (du commerce, tourisme et de l’artisanat ; au plan ; du développement rural et de l’environnement) dans les gouvernements d’Ould Boubakar et de Cheikh Elavia. Finaliste en deuxième position aux élections présidentielles de 1997, il fut condamné à cinq ans de prison ferme avec éloignement de 800 km de sa résidence familiale, puis gracié en 2003 après deux ans, sept mois et seize jours d’enfermement, et enfin amnistié après le coup d’État de 2005. Décoré de la Gran Cruz del merito civil par le roi d’Espagne, il obtint le « passeport de liberté » délivré par le parlement européen. Depuis plus de quarante ans, il exerce en tant qu’économiste-consultant international spécialisé dans le conseil et l’investissement en Afrique et dans le monde arabe.