AD’HOMO -Tome 12 “Mes boulots 1979 – 1981” – Un grand virage social

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Un passé qui colle à la peau.
Enfin un vrai métier stable bien que de différents employeurs.
L’amorce pour devenir un homme comme la société le voudrait.
Des bagarres, des passages au commissariat.
La découverte à travers les métiers de la route.
Des hésitations, la nostalgie du passé qui interroge.
La recherche de ma personnalité, ses troubles et ses interrogations.
Des aventures homosexuelles furtives, inconnues, sans lendemain.
Du rêve et du désir.
Des échecs, des rencontres professionnelles exceptionnelles.
Des gens de la Haute, les pires.

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Extraits du livre

EXTRAITS DU LIVRE

Je me déshabille et me glisse sous la couverture, Michel ressent ma présence et se réveille, se tourne vers moi et me demande « d’où tu viens ? » Encore nostalgique je ne réponds pas tout de suite. Puis, après plus d’une minute alors qu’il se rendort, en passant mon bras sur son épaule pour le coller à moi, partager nos corps nus, ressentir son odeur et sa chaleur, je lui chuchote, « du passé ». [page 40]

J’emmène donc ce client à l’hôtel où on a nos habitudes, en un quart d’heure se sera réglé pour 30 balles, le tarif du moment des pipes rapides, ce qui permet d’en faire une dizaine dans la soirée mais on recrache, 300 balles c’est un bon chiffre. C’est alors que son jeune suceur attitré vient vers moi alors qu’on est en pleine rue à l’approche de l’hôtel de la rue Pasquier, à ces heures il y a un monde fou dehors, il se met à me gueuler dessus, en hurlant presque, que c’est son client, que je dois me casser, aller sucer ou aller me faire enculer ailleurs. [page 57]

C’est vrai qu’il est petit ce local, un lit, une chaise, un lavabo si petit que je me demande comment on peut s’y laver les mains. J’éteins la lumière et je m’allonge sur cette couche sans me déshabiller, ça pue la bite, la sueur froide et la poussière ancienne là-dedans, il doit y avoir des résidus de branlettes de « pause » à foison, en fait c’est naturel, quand ça prend il faut se mettre à jour, ça remet le mental au beau fixe pour continuer à bosser et pour peu que quelques clients ou clientes aguichants aient réveillé la libido se cogner un bon rassis à la pogne ça calme les ardeurs. En pensant à ça, dans le noir complet, je bande, j’y vais donc de ma branlette personnelle qui va larguer de quoi rendre un peu plus olfactifs ces lieux si intimes. En me paluchant je pense à Michel, où il est passé encore ce con ? Puis je pense aux autres, Didier surtout, ça m’excite encore plus et je largue mes gosses sacrifiés dans mon slobard, je m’endors aussitôt. [pages 73-74]

L’homophobie c’est le rejet de soi de l’homophobe à travers les autres, la peur d’être comme celui qu’on rejette. De la même façon on m’a rejeté de ma famille, non parce que je suis d’un caractère difficile mais parce que je ne fonctionne pas comme le formatage l’impose. [page 97]

« La Tournée des Princes ». Se complaire à tremper le biscuit[1] dans un petit cul de prolétaire du bas de la société ça les fait jouir, se sentant dominants ils s’auto-valorisent alors que ce sont Didier et moi qui les dominons en leur imposant la bassesse qu’ils sont venus chercher en la payant pourtant très cher. [page 124]

Puis je lui demande en quoi ma particularité le dérange, il répond que ça déteint, ce à quoi je conclus qu’il ne risque absolument rien de moi avec la sale gueule qu’il a, je prends des risques comme d’habitude mais étrangement il ne cogne pas. Je me retourne et l’ignore m’attendant à être attaqué par derrière, je vais au bureau saluer tout le monde et prendre définitivement congé. [page 236]

[1] Tremper le biscuit : baiser, tirer sa chique, niquer, tirer un coup, etc.

Quand j’étais plus jeune on me disait aussi parfois que j’étais con comme un balai, je me suis donc mis en tête d’observer et d’étudier longuement et connement les balais de différentes catégories pour savoir comment ça pouvait être la connerie d’un balai, il faut être con pour tenter de découvrir si un balai est con mais aujourd’hui je cherche encore et je ne désespère pas arriver à cette connerie qui consiste à être comparé à un balai qui serait con sans même le savoir pour peu qu’un balai réfléchisse à sa condition, ce qui est con puisque ce n’est qu’un balai qui serait con de n’être qu’un simple balai, sauf peut-être quand il est utilisé, là on peut effectivement chercher à savoir si la connerie d’un balai n’est pas transmise par son manche étant reçu de son possesseur ponctuel, qu’est-ce que je suis con parfois. [page 284]

Informations complémentaires

Format livre

285 pages

ISBN ebook

978-2-407-03594-6

Version

Ebook téléchargeable, Livre papier

ISBN livre

9782407016952

A propos de l'auteur : François Ihuel

François Ihuel

Francois Ihuel est né le 24 Avril 1950 à Paris. Après une enfance difficile de privations, et d’interrogations il rentre dans la vie active dans de mauvaises conditions. L’adolescence chaotique et perverse qu’il a vécue va le desservir mais aussi l’aider. Ses expériences de jeune homme pas comme les autres, heureuses et malheureuses, vont le forger à tout accepter, une école de la vie incomparable. Il passe d’un employeur à l’autre, d’un «métier» à un autre, il apprend tout et rien, il sait tout et rien, il découvre la société, les bons côtés mais surtout les mauvais. Il se forge un caractère sur les navrances humaines et découvre qu’il ressemble aux autres. Passionné d'Histoire, il brode quelques constructions romantiques, qui peuvent avoir un fondement réel, qu'il intègre dans une époque du passé. Pour donner de la vraisemblance au récit, il s'appuie sur ses connaissances et quelques recherches historiques afin de situer les scènes décrites dans un contexte ayant existé et leur donner une cohérence sans que ce ne soit une réalité historique. Se plonger dans le passé en construisant une histoire c’est un peu s'y intégrer, se rendre acteur de ce qu'on écrit, c'est une évasion bénéfique au psychisme tellement reposante. Après quelques romans et une série autobiographique il ne pouvait pas faire l'impasse sur la région qui l'a accueilli. Parisien de naissance, il se trouve bien dans cet environnement montagnard, souvenir de son enfance en montagne. Ce regard sur les gens de montagne c'est celui de celui qui n'est pas des montagnes mais qui les apprécie.