AD’HOMO -Tome 11 -“Mes boulots 1979” “Le Gouffre et le tremplin”

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La sortie de l’enfer de la société, une prise de conscience, une solitude volontaire bénéfique, un rebond vers l’éclaircie.

La mémoire d’un passé parental pour définir un avenir, ma place vis à vis de la famille et les bénéfices moraux que j’en tire.

D’autres boulots, encore et encore.

Un couple homosexuel hors du commun.

La vivante société du bas de l’échelle.

La prostitution masculine qui continue sur fond de boulots disparates.

Des bagarres, des maux, une orgie homosexuelle dantesque et douloureuse.

Retour à Oléron, j’y apprends la cuisine, un tremplin pour repartir vers une nouvelle vie mais pas encore la bonne.

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Extraits du livre

Dans la folie excessive et la débauche j’ai trouvé mon équilibre, dans la débine j’ai découvert la démerde, j’ai acquis mon caractère grâce à ceux qui m’ont rejeté, en m’écartant pour me réduire et me détruire ils m’ont involontairement fortifié et rendu solide.
[page 39]

Difficile de vouloir convaincre ceux qu’on a si longtemps trompé par des artifices ou des dissimulations, personne de ma famille n’a jamais su où je passais mes nuits, où je passais mes semaines, mes mois d’absence, ces deux vies parallèles me convenaient très bien, d’un côté rester le petit con insolant et impossible à maitriser, de l’autre être artiste de cabaret près à tout pour parvenir.
[page 58]

Il m’explique qu’il désire avant tout informer ses « spectateurs » sur la particularité de l’homosexualité et sur l’aboutissement d’un parcours particulier, ce à quoi je lui réponds que d’être homosexuel ne passe pas forcément par de l’étalage sur scène, pas plus qu’il n’y a besoin d’instruire sur une particularité qu’on possède déjà, ça c’est l’expérience de la vie suivant le milieu dans lequel on vit, et surtout la façon de vivre cette vie d’homosexuel, on construit sa vie fonction de ses désirs et de ses possibilités, non par des exemples douteux et des artifices qui ne conviennent pas à tout le monde.
[page 82]

Je lui explique que le spectacle « homo porno » ça ne s’improvise pas avec des élèves de lycée, ça c’est juste du patronage pour fêtes de fin d’année scolaire ce qu’il envisage, pour ouvrir une « boite » il faut de l’argent, il faut des contacts puisque c’est du « hard » qu’il voudrait faire, et puis il y a trop de risques, il faut être connu et surtout couvert par le milieu, je ne suis pas sûr que les parents de ses élèves soient informés de ce genre de spectacle et je doute qu’ils soient d’accord, du relationnel homosexuel avec des jeunes de lycée sous couvert de travestis c’est risqué, je réalise qu’il est en plein délire ce type, il monte une entreprise risquée, savoir s’il n’y a pas des mineurs dans sa « troupe » !
[page 105]

C’est vrai que mes fréquentations d’alors n’étaient pas non plus des meilleures, quand on a le ventre vide d’avoir sauté des repas inexistants on ne recherche pas des copains chez les gens de la « haute », on va plutôt « rapiner » avec ceux qui, comme moi, sont de la même condition, eux non plus ne bouffaient pas tous les jours à leur faim.
[page 144]
En pleine saison les plages de sable chaud sont recouvertes de serviettes de bain, de parasols, de divers objets plus ou moins utiles, de mômes qui braillent, de jeunes qui chahutent, de couples qui s’engueulent, de vieux qui pètent, de baleines, mâles et femelles, d’où débordent leur graisse des serviettes de plage trop petites, de ceux qui ont un transistor qui déverse trop fort des torrents de musiques bizarres pour que le voisinage en profite, puis les vendeurs de boissons, de pâtisseries frites, de parasols, de serviettes pour ceux qui ont oublié la leur et qui renoncent à enjamber de nouveau ces amas de bidoches, étalées au soleil, pour retourner la chercher.
[page 216]
Du coup je me dis qu’elle doit se frotter la chatte avec mes slips farcis la vieille, je mets donc tous mes sous-vêtements à la poubelle en les arrosant de fuel, je ramasse toutes mes affaires personnelles, très peu, je les laisse dans ma voiture et je lui rends ses clefs, je préfère dormir dans ma caisse que de savoir qu’elle farfouille dans mon logis. Je lui dis que je ne paye pas le loyer en précisant que c’est elle qui devrait me payer pour être obligé de vivre dans une pareille tanière.
[page 293]

Informations complémentaires

ISBN ebook

9782407033966

Version

Ebook téléchargeable, Livre papier

Format livre

313 pages

ISBN livre

9782407014972

A propos de l'auteur : François Ihuel

François Ihuel

Francois Ihuel est né le 24 Avril 1950 à Paris. Après une enfance difficile de privations, et d’interrogations il rentre dans la vie active dans de mauvaises conditions. L’adolescence chaotique et perverse qu’il a vécue va le desservir mais aussi l’aider. Ses expériences de jeune homme pas comme les autres, heureuses et malheureuses, vont le forger à tout accepter, une école de la vie incomparable. Il passe d’un employeur à l’autre, d’un «métier» à un autre, il apprend tout et rien, il sait tout et rien, il découvre la société, les bons côtés mais surtout les mauvais. Il se forge un caractère sur les navrances humaines et découvre qu’il ressemble aux autres.