Ader l’aérien : ingénieur toulousain

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Une nouvelle biographie de Clément Ader, dit inventeur d’avions, est utile à plusieurs titres en ce moment, vu l‘importance de cet engin dans notre vie, mais également l’usage de la voiture ou des télécommunications, qu’ont illustré au départ les voitures Ader ou l’invention de son téléphone. Mais la question de l’indépendance du chercheur est mise aussi en question par l’inventeur original ; il se refusa à être subventionné par l’État ou être un quelconque fonctionnaire. Il resta indépendant, chercheur en « libéral ». Quand les grands pays se mirent à se faire une guerre totale, on sait comment cela se termina : la fascination pour des armements miraculeux, les progrès terribles de la physique et de la chimie, le nucléaire militaire ont provoqué la concurrence sans limites. Ader a vu et pressenti les catastrophes des progrès non maîtrisés. Aujourd’hui où la science est reine et où l’industrie lui emboîte le pas, nous sommes confrontés aux excès de la seconde : l’industrialisation marchande sans bornes provoque des dangers inconnus jusqu’alors : pollution, alimentation à risque, etc. L’exemple de Clément Ader est donc pédagogique, car il a pressenti la menace sur la société de ces renversements d’équilibre entre sciences et applications industrielles.

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Extraits du livre

EXTRAITS DU LIVRE

Argument de société : Un ingénieur prolifique, un inventeur reconnu dans le monde entier ayant déposé des centaines de brevets essentiels, peut-il être fils d’ouvrier ? Quel cursus primaire ou universitaire choisit-il ? Quels obstacles dus à l’origine sociale doit-il surmonter ? Y a-t-il eu des conflits de classes au cours de l’invention elle-même ou de sa reconnaissance ? Ceci nous conduit à une réflexion sur les sciences, leur fonctionnement et à des contradictions internes ; sont-elles populaires ou élitistes à leur source ?

Argument régionaliste : Ce livre met également l’accent sur l’histoire d’un « Toulousain » qui doit beaucoup aux conditions sociales de sa région, distribuant ses inventions, réfléchies et astucieuses, au sujet du vélo, de l’auto, du téléphone, des avions bien sûr. Modestement, il disait de lui : « Je ne suis pas un savant, je ne suis qu’un humble serviteur des sciences. » La mémoire d’un tel inventeur est honorée chaque fois qu’on donne son nom à un établissement ou à un aéroport de grande ville.

Informations complémentaires

Format livre

184 pages

ISBN ebook

978-2-407-03622-6

Version

Ebook téléchargeable, Livre papier

ISBN livre

9782407017232

A propos de l'auteur : Jean Peneff

Jean Peneff

Jean Peneff, sociologue, descendant de Cl. Ader, né dans la banlieue de Toulouse, a bénéficié de documents familiaux. Il est professeur émérite de l’université de Provence ; il a enseigné auparavant à Alger et à Nantes ; il fut « visiting professor » à Chicago. Ses dernières publications : La France malade de ses médecins (2005, Seuil), Le goût de l’observation (La découverte, 2012) et H Becker : sociologist and musicien in the « École de Chicago » (Routledge, New York, 2018). Et douze autres livres, portant sur l’ethnographie et l’observation participante. A pris sa retraite dans un tout petit village d’Isère, à la limite du Parc National des Écrins, pour être loin de l’agitation moderne et se consacrer à l’écriture. Il a dirigé plusieurs thèses, est l’ami proche de Howard Becker, et de bien d’autres sociologues américains de l’école dite de Chicago.