Commentaire d’un lecteur : Mr Mustapha Taoubi, un professeur de littérature et critique littéraire , de la faculté de Lettres d’Agadir-Maroc, pour l’ouvrage “Si Dieu nous prête vie…” de l’auteur Intissar HADDIYA

« Si Dieu nous Prête vie.. »
Intissar HADDIYA
Le voyage  à travers le roman est une habitude spirituelle des albatros baudelairiens cherchant des cieux maritimes comme  espace favori de balade et d’escapade. Toutefois, le dit voyage revêt une magie certaine lorsqu’il se fait à travers un style magnifique et un thème bien choisi. Nous soulignons à ce propos le roman récemment paru intitulé « Si Dieu nous Prête vie.. » du professeur néphrologue  Intissar HADDIYA, Éditions Saint Honoré (Paris). Tout d’abord, et pour être franc, je l’ai cru, structurellement, prématuré, préjugeant, ainsi, la jeune médecin comme étant lointaine, en quelque sorte, de la littérature. Mais, j’ai eu tort. Cet ouvrage que j’ai lu avec beaucoup d’intérêt est une œuvre d’art soigneusement sculptée. La narratrice est, certes, douée, mais ce n’est point tout, elle a due aussi s’instruire, au fil du temps, en matière de littérature. Je ne peux absolument croire qu’un tel charme puisse surgir par hasard. Car, il s’agit là d’une œuvre,  remarquable quant à la qualité de la narration, le savoir-faire linguistique et l’imagination artistique.  L’auteur a eu probablement un parcours assez particulier en matière de lecture, d’apprentissage et d’écriture (j’avance, en l’occurrence, que ses premiers essais littéraires étaient en langue anglaise). Ce roman est  bien fait et ce au niveau de toutes les composantes du genre, à savoir le récit, les personnages, le temps, le lieu, le dialogue, le monologue interne, l’intrigue, la description etc… L’auteure s’est inspirée de son vécu de médecin néphrologue pour décrire, à sa guise, la vie des personnes atteintes d’insuffisance rénale d’une manière romanesque différente de celle des publications médicales. Nous parlons d’une vision, majestueusement, philosophique, et d’un style simple et charmant. Elle se penche sur la vie des dialysés en y octroyant un certain enthousiasme, créant ainsi une communauté singulière, ayant tout un destin en commun. Les scènes et actions du roman ont majoritairement lieu dans une grande salle, une salle où ont eu lieu la quasi-totalité des événements  survenus lors du récit. C’est dans cette salle que la lumière pénètre à travers la porte « entrouverte » et les fenêtres « aux volets béants ».

Un symbole  fort révélateur à mon sens.

L’auteur se mêle subtilement, aux vies de ses personnages, « attachés » à des machines, parle leurs voix en écho à leur douleur et sème au passage de l’amour, de l’espoir, et bien d’autres émotions…

« Si Dieu nous Prête vie.. » est bien un voyage féerique merveilleusement tramé, qui a éveillé en moi  la nostalgie des sources intarissables de la littérature.

Merci à l’auteure pour cette œuvre qui sera certainement appréciée à sa juste valeur aussi bien au Maroc qu’à l’étranger. Dans l’attente d’une version arabe si Dieu le veut…

  1. TAOUBI