STÉPHANE MAGUNDA MASISTE

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Elevé dans une culture qui se situe à cheval entre la tradition pure et le modernisme, l’auteur, philosophe de son état, se présente comme un pur produit d’une Afrique qui l’a vu naître et grandir. Son livre ouvre pour le lecteur avisé un petit carré de sa chambre culturelle, cette portion de son intimité close où la tradition, la coutume et autres interdits se bousculent dans un tourbillon déroutant et irritant à la fois.
L’auteur est lui-même fils d’un chef coutumier du territoire qu’il décrit dans son texte. Ses propres aïeux ont eu à occuper successivement le trône de chef de groupement Musaka. Ce fils de chef coutumier porte dans son âme et dans son être des faits et gestes qu’il voyait, des voix et de la musique qu’il entendait dans son enfance. Seuls les habitués et les initiés de la cour comme lui en avaient connaissance.
Il a réussi à force d’art à les rendre et à partager avec le lecteur la souffrance morale d’une population résignée et combien corvéable, qui dégage une impression de langueur et de mélancolie désespérante. La fuite, uniquement la fuite, pouvait encore soustraire les victimes potentielles de cette inévitable étreinte dont seul le chef Malatu et son complice Kazundu le sorcier savaient tirer les ficelles dans le noir.

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