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La lionne

Ebook : 7,99
Livre Broché : 18,90

Christine fut cette adolescente rebelle et intransigeante. Nostalgique d’un Mai-68, qu’elle n’a pas connu, elle incarnait cette jeunesse privilégiée, « antitout », allant jusqu’à se mépriser d’être une fille de bourgeois nantis.
Elle étouffait dans ce pavillon cossu du Vésinet, comme prise en otage, entre une mère désireuse de paraître et un père qu’elle adorait, ce père pour lequel elle supportait cette existence insipide.
Entre deux cours à l’université, elle a fait partie de toutes les manifestations où crier son ressentiment envers cette société de « pourris », lui procurait le défoulement nécessaire à son équilibre et la satisfaction de se frotter à la « flicaille » pour laquelle elle nourrissait une aversion entêtée. Elle ne comptait plus les coups que les poulagas lui donnaient, occasionnant des bleus qu’elle exhibait comme des décorations.
Puis elle vire brusquement sa cuti quand elle découvre le nihilisme de ces casseurs, dont elle n’a jamais fait partie : casser pour casser, jouir en sadique des méfaits commis en toute impunité n’a jamais été son absolu. « Tout ne mérite pas d’être détruit », finit-elle par admettre. Amoureuse, mariée à l’homme de sa vie, elle est amenée à défendre son époux et son bonheur, telle la lionne défendant sa progéniture.
De circonstances regrettables en événements imprévisibles graves, elle découvre une autre facette de la gent policière, en une équipe qui l’intègre totalement.

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Extraits du livre

Ce furent des vacances de rêve. Trop courtes, comme toutes vacances réussies. Marcel s’est mis à oublier ses clients, désactivant son téléphone portable. Il eut la grande fierté de présenter sa femme à ses parents, lesquels l’accueillirent comme une princesse. Il consentit à la suivre, tant bien que mal, dans ses footings en bord de mer, mais il finit par réduire sa distance, s’arrêtant à mi-parcours, asphyxié par son train d’enfer. Il la regardait continuer, se détachant dans ce fond de mer gris ardoise, à force de s’être remuée, une mer coiffée de lourds nuages barbouillés au fusain, où les blanches mouettes semblaient vouloir escorter sa coureuse et la courtiser. Elle claquait ses pieds nus au bord de l’eau, faisant jaillir à chaque foulée des myriades de gouttes brillantes. Il ne trouvait aucun mot pour fixer ces instants exceptionnels. Il devinait néanmoins tout le bonheur qu’elle pouvait ressentir à se donner à fond dans cet exercice qu’elle affectionnait particulièrement. Il admirait, en profane, sa foulée ample et régulière, le mouvement de ses bras synchronisés et, en connaisseur, ses jambes fines et musclées :
— C’est ma gazelle, se disait-il un peu gaga sur les bords.
Il l’attendait au retour de sa longue course, il observait son beau visage en sueur, avec un petit pli formé sur les coins des lèvres, témoignant de l’effort fourni. Il la recevait dans ses bras.
— Tu es belle, ma sirène, je t’aime tant…
Elle acceptait le compliment, le prenait par la main pour une courte promenade tranquille au bord de l’eau, puis le défiait pour une fin de course à l’approche de leur refuge. Elle le laissait gagner régulièrement dans le sprint final. Il n’était pas dupe, mais acceptait ce cadeau en jubilant comme un enfant :
— Je viens de battre la plus belle athlète de France, la plus forte, la plus…
Elle réussissait à le faire taire en le couvrant de baisers.
Puis, ce parfait bonheur prit fin et ce fut le retour sous la pluie, une pluie bretonne transformée en eau bénite, tant elle leur enlevait tout regret de rentrer à Croissy-sur-Seine. Leur poste radio étant en panne, nécessité oblige, ils chantèrent tout au long du parcours, La pluie fait des claquettes de Nougaro.
Et ce fut la grande déprime en arrivant chez eux. Porte défoncée, intérieur saccagé, pas un seul meuble n’a été épargné. Tout est à terre dans un fouillis incommensurable : linge, livres, vaisselle, matelas, ustensiles de cuisine, tout est jeté, pêle-mêle, dans les chambres et le salon. Des inscriptions à la bombe aérosol sur les murs, illisibles, sans doute des mots de bienvenue. Le répondeur du téléphone fixe est plein aussi de messages de menaces et d’insultes. Et sur la table de la cuisine, la cerise sur le gâteau, les reliefs d’un repas improvisé avec boîtes de pâté et saucisson puisés dans la réserve saccagée.

Information complémentaire

Auteur

Rosaire di Stéphano

ISBN ebook

9782407008209

Version

Ebook téléchargeable, Livre papier

Format livre

304 pages

ISBN livre

9782407003228

A propos de l'auteur : Rosaire Di Stefano

Rosaire Di Stefano

Né et ayant grandi en Afrique, d’origine Sicilienne, l’auteur a été imprégné de diverses cultures. Actuellement, retraité de l’éducation Nationale, il est vice-président de l’association Normandie-Sicile. Et chanteur de ce groupe. http://normandiesicile.free.fr