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Les carnets de campagne 14-18 / vus à travers l’œil d’un architecte et peintre

Ebook : 9,99
Livre Broché : 22,90

ALBERT DARDY Architecte & Peintre (1874–1921) était mon arrière-grand-père, qui s’est engagé pendant la 1ère guerre mondiale. Il a écrit 14 carnets qui racontent ce qui s’est passé sur la ligne de front et dans les tranchées, au risque de se faire fusiller.

En 1914, Albert Dardy, âgé de 40 ans, s’est engagé volontairement sur le front. Il restera sous les drapeaux jusqu’en janvier 1919. Parti maréchal des logis, il reviendra sous-lieutenant, ayant obtenu plusieurs citations : la Légion d’honneur & de la Croix de guerre 1914-1918. Il aura exercé essentiellement des fonctions d’observateur, fonction très risquée, consistant à relever avec précision les positions de l’ennemi et à étudier les emplacements des batteries.

Il retrace jour après jour, les faits, les joies, les pleurs, les douleurs, les souffrances de ces hommes qui, au contact d’une hiérarchie dans tous ses états, se sont battus pour libérer la France.

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Extraits du livre

6 octobre 1915

Visibilité nulle – Nous nous réveillons sous un épais et froid brouillard. Depuis 4 heures du matin, l’artillerie roule comme un tonnerre. On entend également, surtout à droite, les fusils et les mitrailleuses. 8 heures, la canonnade diminue d’intensité, brouillard toujours épais. Chose curieuse, un lieutenant aviateur qui est à côté de nous, dit qu’en aéro la visibilité est bonne et sur terre, la brume ne nous permet pas de voir à plus d’un kilomètre. On entend parfaitement les fantassins se battre, ils ont dû attaquer de bonne heure. 8 h 1/2, j’apprends que l’ouvrage de la Défaite à gauche du Mont Têtu est pris par les Marocains, une des buttes de Souain est également prise. 10 h 1/2, le capitaine vient à l’observatoire, il paraît que la nuit dernière, une marmite est tombée sur la batterie mettant le feu aux douilles, plus de 100 douilles ont brûlé, aussi on craignait que les obus ne sautent ; il n’y a pas eu d’autre mal. Quant à l’immense flamme, elle n’a guère pu se voir étant donné le brouillard. Je viens d’avoir une grande émotion, je cherchais dans mon portefeuille la photographie des miens pour les regarder un peu et leur sourire de loin, lorsque je me suis aperçu que l’une des initiales en argent était aplatie, abîmée, à côté un trou dans la peau très solide du portefeuille et je vois ce trou traverser en partie mon portefeuille et aboutir intérieurement à… un éclat d’obus ! C’est mon excellent crocodile qui m’a préservé, l’éclat devant m’arriver du côté du cœur un peu en-dessous. J’ai eu de la chance le 30 septembre. Je garde précieusement l’éclat d’obus qui a failli mettre fin à mon existence. 1 heure, le Capitaine BONSIGNES me dit que l’on n’avance pas, que le Chausson est indécis, que la « Défaite » a été reprise par les Allemands. Étant donné la brume, le capitaine nous donne campo et nous allons nous promener jusqu’à l’échelon où j’ai le plaisir de voir BALANGER et FLEURIET qui venaient ravitailler. Nous remontons un blessé qui nous dit venir de la ferme Chausson, d’après lui le Chausson, la Chenille, la ferme Chausson seraient à nous et nous marcherions sur Bouconville. J’ai pu faire un croquis de notre cagna. Suis depuis deux jours sans nouvelles de chez moi. Un brigadier que nous avons vu sortir d’un boyau avec deux prisonniers passe près de nous, nous l’interpellons. Les deux boches ont une mine plantureuse et je remarque que tout en conservant leur petite culotte, ils ont des vêtements d’un drap du même bleu clair que le nôtre. Ils ont été pris travaillant dans une tranchée.

Information complémentaire

Auteur

Monique et Philippe Dardy

ISBN ebook

9782407008490

Version

Ebook téléchargeable, Livre papier

Format livre

575 pages

ISBN livre

9782407003518

A propos de l'auteur : Monique et Philippe Dardy

Monique et Philippe Dardy

ALBERT DARDY est né en 1874 à New York, ainé d'une famille Nivernaise et Cosnoise. Fortune faite, la famille revient en France et s'établit à Cosne, dans une maison bourgeoise qui existe toujours. Albert deviendra Architecte de profession, mais était peintre de vocation. Il se lie à CHARLES BOUSQUET, peintre plus âgé, qui aura une grande influence sur son œuvre. Albert épouse en 1899 la sœur de CHARLES, JEANNE BOUSQUET. En 1914, Dardy a 40 ans et deux enfants. Il est mobilisé et restera sous les drapeaux jusqu'en janvier 1919. Il ne réalisera que quelques-uns des tableaux rêvés sur le front « la cote 301 ». Il en accrocha en 1919 à l'Exposition spéciale des artistes mobilisés. Les soucis d'argent le contraignent à une production utilitaire. Démobilisé, le peintre reprend son métier d'Architecte, comme "Architecte-inspecteur des travaux de la Banque de France". Albert Dardy meurt en 1921, à l’âge de 47 ans.