AD HOMO TOME 4
AD HOMO TOME 4 2

AD’HOMO Tome 4 -Seize mois dans la Royale 1968 – 1969

7,99

Deuxième grand virage de mon adolescence.

 

Une transformation.

 

Des découvertes enrichissantes.

Une maitrise.

Une autre école.

Une porte incertaine ouverte sur l’avenir.

Un départ avec des ratés.

L’amorce d’une nouvelle vie.

Effacer

Extraits du livre

Finalement, au lieu de raconter des conneries invérifiables, j’ai l’idée de tout balancer, je vais leur décrire exactement ce que je suis et d’où je viens, sachant qu’on n’aime pas les homosexuels à l’armée j’ai peut-être une chance de rentrer à Paris la tête haute par un motif valable, alors j’y vais, je balance tout, je dis que je suis pédé, que je me suis prostitué pendant des mois, que j’hésite à m’assoir sans slip sur un tabouret pour ne pas me l’enquiller, que je faisais du spectacle de nu dans des cabarets, que je picole, que j’aime bien les jeunes et beaux garçons bien faits, j’appuie sur les détails pour qu’on me conseille de repartir, je m’attends à ce qu’on me dise que l’armée c’est pour les hommes, pas pour les tapettes ― je l’ai tellement entendu ― je suis presque sûr d’avoir gagné mon billet de retour.
(pages 32-33)

Si le président d’un pays dirige ce dernier, il lui est indispensable d’avoir des gens pour lui cirer ses pompes, faire son lit, récurer ses chiottes et autres nécessités terre à terre qu’il ne fait pas lui-même, souvent parce qu’il n’en serait pas capable, la puissance d’un individu est de savoir exploiter le domaine dans lequel il excelle. S’il n’y avait pas des ramasseurs de merde, ceux qui la mettent s’y enliseraient.
(page 50)

Ces soirs-là je les passe à monter la garde au fin fond de l’arsenal, sur une passerelle au-dessus de la Penfeld dans un renfoncement rocheux, c’est prenant, il fait noir, on est trois dans une guérite à une extrémité de cette passerelle, on a le casque, le fusil, on l’arpente dans le froid et la pluie en surveillant les alentours, on boit du café archi-réchauffé archi-dégueulasse, dans des quarts en ferraille, j’ai l’impression d’intégrer une période sous l’occupation, même ambiance, me voilà soldat de la Wehrmacht en 1942 sur un obscur pont pendant l’occupa¬tion, c’est captivant, je fantasme.
(page 65)

Je pense que si je revenais on aurait vite fait de faire deux couples à vivre ensemble, c’est plutôt explosif comme fonctionnement, je sais que Didier est imprévisible, qu’il sait créer des scènes de ménage grandioses, que les voisins de l’immeuble en ont parfois les échos et que le mobilier en garde quelques traces, à quatre ça deviendrait vite l’enfer du cul et des engueulades. Je ne suis pas partant. Et puis ça signifierait picole, pétards et orgies en « Tournées des Princes » à quatre, c’est trop risqué pour mon avenir, j’en sors. Après cette partie d’extase on s’endort.
(page 105)

On rencontre d’autres gars du Duduche ― diminutif de Du Chayla ― qui vont aussi aux putes, ils me demandent s’il y en a dans le coin, ce à quoi je leur réponds qu’on en sort mais ils ont intérêt à laisser l’un d’eux avec leurs portefeuilles et boire à la bouteille, il n’y a pas que les bites qu’on éponge dans cette taule.
(page 150)

Mon trip de maintenant serait de me trouver une bonne grosse doudou antillaise de mon âge, même en étant pédé, juste pour avoir une compagnie agréable et pleine de vie, pas pour faire ma vaisselle ni pour tirer, ce qui commence à faire partie des souvenirs, pour ça j’ai de l’électroménager et ma main, les femmes noires sont tellement pleines de vie et de joie. C’est pour ça que je les adore.
(page 159)

Ça l’amuse mais l’intéresse, elle me dit que c’est la première fois qu’elle rencontre un jeune gars qui lui raconte ce genre de vannes, alors je lui précise que ce ne sont pas des vannes, si elle écarte sa chatte, moi j’écartais mon trou du cul, question longueur de bite je peux voyager aussi loin qu’elle.
(page 160)

À Paris je suis sûr de bouffer tous les jours, je suis sûr d’avoir un toit, du fric et de l’amour, mais je suis sûr aussi que je vais redégringoler dans le vice et la boisson, j’ai retrouvé un fonctionnement sexuel à peu près normal que je voudrais conserver, les beaux garçons m’attirent de nouveau, ça me fait bander, la branlette c’est bien mais ce n’est pas assez, de replonger dans les parties de luxe va me détruire de nouveau. Par contre les filles m’attirent de moins en moins.
(page 198)

Il me serre la main, me dit qu’il était sûr que je serai là, il veut m’expliquer pour l’autre soir, c’est vrai que ce sont des conserves volées. Mais je m’en fous, je suis passé par là, je sais ce que c’est que de ne rien avoir à bouffer, je ne lui en veux pas, c’est juste que je lui dis qu’il y a d’autres solutions, se laisser descendre dans la délinquance quand on est encore gamin c’est l’assurance d’un avenir plein de merde, si la société fabrique des crevards elle n’admet pas qu’ils puissent avoir aussi le droit de vivre, c’est ça le paradoxe de la société dite « moderne ».
(page 220)

Je regarde par la fenêtre, il y a du brouillard, je ne vois que des bois qui défilent dans cette brume épaisse, il est déjà loin le Soleil de la côte.
(page 228)

Information complémentaire

Auteur

François Ihuel

ISBN ebook

9782407008841

Version

Ebook téléchargeable

A propos de l'auteur : François Ihuel

François Ihuel

Francois Ihuel est né le 24 Avril 1950 à Paris. Il a passé une enfance difficile de privations en cette période d'après-guerre des années 1950–1960, alcoolisme familial, finances déficientes. Les années infantiles et adolescentes lui ont montré un chemin dangereux. Il a traversé l'enfance dans les conditions d'une époque révolue. La violence parentale, la mise à l'écart familiale, les éléments qui fabriquent un rebelle. Une autobiographie qui retrace le chaos qui construit la stabilité. La vie ne s'arrête que là où elle commence.